jueves, 16 de marzo de 2017

Dama en el baño c.1570

Anónimo - Escuela de Fontainebleau - c.1570   
Dame à sa toilette - Anonyme
Musée de Bâle -  Öffentliche Kunstsammlung (Basilea)

Pintura sobre tabla 111,5x 98,5 cm
Musée de Dijon
Galerie de Worcester


Un tableau mystérieux, mystérieux parce que de peintre anonyme, mystérieux aussi quant à son sens profond.
On peut le dater des années 1560-1565, autour de Fontainebleau. C'est certainement un portrait de la dame des années 1560, la dame de la cour d'Henri II, vraisemblablement, Diane de Poitiers.
Diane, pour les uns c'est le charme fait femme, c'est la douceur, la bonté, la langueur qui caractérisent la femme; pour d'autres, c'est la domination faite femme, des qualités presque masculines, une emprise sur les êtres qu'elle côtoie. Mécène et femme d'affaires, adorée et haïe, respectée et adulée, elle a été aussi terriblement crainte.
Voici donc Diane, muse des peintres de son temps. Ses portraits innovent en France le mythe de l'Eros de la beauté froide.
Deux autres versions de ce tableau se trouvent à Worcester et à Dijon . tous présentent la même composition, la même femme au même visage à la fois très rond et dont les traits ont ce quelque chose de pointu, le même torse à peine voilé, le même décor avec une servante penchée sur un coffre.
Une énigme
Dans les trois tableaux, de sa main gauche, Diane de Poitiers semble dissimuler, cacher, mais de façon à ce que l'on voit qu'elle cache, un médaillon qu'elle porte passé au cou, avec sur ce médaillon sans doute un portrait. De sa main droite cette fois, elle sort de son coffret à bijoux une petite bague qu'elle montre aux spectateurs dans un geste d'une ostentation tellement frappante que nettement, nous savons tous que c'est ce que nous devons voir. Elle cache un portrait, elle montre une bague, premier élément du décryptage.

Dans les trois tableaux, face à Diane se trouve un miroir, son visage nous est donc présenté deux fois. Ce miroir est soutenu par une représentation de Mars et Vénus; miroir de Mars et Vénus, reflet de Diane, c'est un deuxième élément à décrypter.
Enfin, le dernier élément, dans les trois tableaux s'échappe du coffre à bijoux un rang de perles. Ces perles proviennent d'un collier chargé d'histoire. Ce collier de 7 rangs de perles, les plus belles du monde (il avait fallu parait-il 7 siècles pour les réunir et 400 morts) a été acquis par un pape, Clément VII, qui le donne à sa nièce Catherine de Médicis. L'époux de Catherine de Médicis, Henri II, en offre un rang à sa favorite Diane; c'est ce rang qui figure sur les tableaux.

Henri a fait de Diane une nouvelle Aphrodite en la parant de l'écume de la mer. Mais comme Aphrodite pour Mars, Diane doit cacher son amour en voilant le médaillon du roi, mais elle montre également au monde le lien qui la lie au moyen de l'anneau qu'elle présente ostenciblement. 

No hay comentarios:

Publicar un comentario